Vasarely

Pourquoi les femmes n’aiment-elles pas Vasarely ?!

Cet été, il faut se rendre à Aix-en-Provence et visiter la Fondation Vasarely.

Vasarely est selon moi un génie méconnu. Relégué au rang d’illustrateur, qualifié d’artiste de cour pompidolien, sa reconnaissance artistique est toute relative et le pauvre ne peut même pas se réjouir depuis l’au-delà d’une quelconque reconnaissance posthume puisque, depuis sa mort en 1997, son nom n’a fait les titres des journaux que pour parler des diverses malversations liées à sa succession. La preuve de ce naufrage financier me fut donnée au milieu des années 2000 lorsque je me rendis à la Fondation Vasarely pour la visiter, immédiatement après sa réouverture. Le magnifique bâtiment dessinée par l’artiste trônait pathétiquement au milieu d’une pelouse à l’état de paillasson et au milieu de plans d’eau asséchés depuis des lustres. A l’intérieur, un unique agent à la caisse aurait été bien incapable de prévenir un quelconque vol d’oeuvre tandis que le sol était jonché de quelques cuvettes destinées à recueillir la pluie invitée par les fuites de toitures…

Aujourd’hui, la Fondation est enfin en état présentable et s’y rendre est un choc visuel lorsque l’on est au pied des oeuvres gigantesques, si grandes que le bâtiment a été construit pour les accueillir.

Pour tout savoir sur la Fondation Vasarely : http://www.fondationvasarely.fr/index.php

Mais avec l’oeil du psy, une question me trotte dans la tête ? Pourquoi les femmes n’aiment-elles pas Vasarely ? J’y vois deux raisons.

La première, c’est que l’art optique et l’art cinétique, mouvements auxquels appartenait Vasarely, constituent des jeux et des excitations du regard or le regard, c’est un truc d’hommes. Il n’y a pas de femmes voyeuses. L’archétype du voyeur, c’est un homme et quand on imagine un enfant regarder par le trou de la serrure, on imagine plus volontiers un petit garçon reluquant un bout de sein qu’une petite fille en émoi. Vous me contrerez peut-être en me disant qu’il y a des femmes qui regardent des films porno. Mais je serais tenté d’apporter le même commentaire que celui que faisait Michel Audiard au sujet des patrons : « Il y a des patrons de gauche comme il y a des poissons volants ; ça existe mais ça n’est pas la loi du genre ! »

Et puis il y a, me semble t’il, une autre raison pour laquelle Vasarely est un artiste pour hommes ! La contemplation des oeuvres de Vasarely est hypnotique, vertigineuse et répétitive. En d’autre termes, c’est un truc d’obsessionnel. L’hystérie des femmes les porte plutôt vers les oeuvres dans lesquelles elle vont pouvoir capter ou projeter un regard et un désir autre. Alors que nous, les hommes, en bons obsessionnels, nous sommes fascinés par l’énigmatique introspection sans fin que peut produire la contemplation d’une oeuvre de Vasarely.

Pour ceux que Vasarely intéresse et qui ne peuvent se rendre à Aix, deux alternatives.

Se faire prêter une vieille Renault, regarder fixement le logo (dessiné par Vasarely) et attendre que l’hypnose arrive !

Ou encore, effectuer un pélerinage devant la façade du 22 rue Bayard, siège de RTL, conçue par Vasarely et classée monument historique et dont les courbes illustrent merveilleusement la magie des ondes radiophoniques.

La façade originale de 1971 avec ses étonnants panneaux en plastique reprenant le logo

 

La façade aujourd’hui, plus sobre et moins kitsch !

Allo ? allo ? Vous ne répondez plus ? Vous êtes hypnotisé ?

Emmanuel Deun